Le début d'un rêve :

Depuis l'âge de 12 ans lorsque j'ai commencé les compétitions, je ne rêvais que d'une chose de piaffer, de passage et de pirouette. Le dressage demande une telle harmonie qu'il est illusoire de penser s'imposer par la force. Je voulais participer aux championnats internationaux et grâce à nos bon résultats de 2003, je fus sélectionnée pour participer au championnat de France Catégorie Cheval.

Je me voyais déjà sur le podium, mais celà ne se passa pas ainsi.

L'accident :

J’attendais depuis longtemps cette compétition. J’avais travaillé dur pour en arriver là. J’étais confiante, ma jument était de mieux en mieux. Mais voilà, alors que je m’entraînais elle prend peur et part au grand galop. 
Je lui demande de ralentir, en disant «Oh, doucement » ce qu’elle fait. Elle ralentit le galop et va presque jusqu'à repasser au trot…mais finalement repart du plus belle. Et là c’est la chute ! 
Bilan, un hématome et une déchirure musculaire de la cuisse à 3 semaines du concours.

La colère passée, je me demande : qu’est-ce qui a bien pu se passer ?
J’en viens à la conclusion suivante : Doudou connaît les mots, mais elle attend la confirmation de ce que je lui demande avec les aides « classiques »
Or, cette confirmation, je n’ai pas pu la lui donner. J’avais perdu l’équilibre vers l’avant et j’étais sur son encolure.
Si elle était repassée au trot, j’aurai sans doute pu me redresser et éviter la chute.
En effet elle a eu une réaction très positive : elle n’a pas baissé la tête. J’aurai pu passer par devant.

Après cette chute, il m’a été impossible de remonter, ma cuisse me faisait très mal.
J’avais alors deux choix, soit déclarer forfait, soit y aller quand même pour gagner de l’expérience. J’ai choisi la deuxième solution. J’ai tout fait pour me reposer le plus possible avant le jour J.

La descente aux enfers ...

Le vendredi 30 avril lorsque je remonte pour la première fois, la douleur me gêne encore beaucoup, mais il est trop tard pour faire marche arrière.
Je détends Doudou qui répond bien et ne regarde pas trop.

Le lendemain, l’heure de vérité.
Il pleut, il fait froid et le terrain est horrible, rempli de flaques.
Je déroule ma reprise. La jument n’a peur de rien mais elle n’avance pas assez.
Sûrement à cause du terrain, et parce que j’étais très tendue a cause de ma blessure et du stress. Finalement, je fini 5e sur 5 avec le score de 101 à 27 points de la gagnante, Valérie Salles 4e des championnats du monde 2003.

En conclusion, j’ai envie de dire : je prends les événements de ces dernières semaines de façon positive. Je me suis rendue compte que Doudou est encore plus proche de moi. 
Elle réagit en fonction de mon état d’esprit. Confiante ou tendue, quand je le suis.
Je dois progresser et essayer de garder au maximum la tête froide puisque la jument est vraiment bien.

doudou_loudeac

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Un jour, on gagne, le lendemain on perd. Mais beaucoup plus que dans la vie, le cheval est juste. Je pense qu’il nous donne ou nous renvoie exactement ce que l’on mérite.

Jusqu'alors je n’avais jamais trouvé de cheval capable de m’emmener à l’international.

Doudou l’a fait et un an seulement après nos début en compétitions.
Elle a apprit en deux ans et demi, ce que j’ai acquis en huit.
Aujourd’hui nous progressons ensemble.
Les chutes, les concours ratés font aussi partie de l’apprentissage.
Il faut maintenant que ma peur, ma colère, et mes pleurs s’effacent.
Tout rentrera dans l’ordre, lorsque j’aurai retrouvé confiance en moi et en Doudou.

Peu importe le temps que cela prendra, je veux simplement retrouver le cœur d’or que l’arabe cache sous sa nervosité.
Et tant pis si c’est dur, je préfère douter, me tromper plutôt que vendre ma jument.
Le dressage devrait toujours être synonyme de patience.
A vouloir trop, trop vite, on prend le risque de tout perdre.